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Comment réaliser un strapping efficace ?

Catégories : Secours , Sécurité

Premiers secours · Traumatologie sportive

Le strapping est une technique de maintien articulaire accessible à tous. Bien réalisé, il réduit la douleur, prévient l'aggravation et permet une reprise d'activité plus rapide.

Une entorse de la cheville sur un terrain de sport, une douleur au genou lors d'une randonnée, un poignet fragilisé après une chute : le strapping est souvent le premier geste qui fait la différence entre une blessure qui s'aggrave et une reprise en conditions sûres. Encore faut-il savoir comment le réaliser correctement. Ce guide vous explique pas à pas la technique, le matériel adapté et les erreurs les plus fréquentes à éviter.

Sommaire

1. Qu'est-ce que le strapping et à quoi sert-il ?

2. Le matériel indispensable pour un strapping réussi

3. Les règles essentielles avant de commencer

4. Strapping de la cheville : technique pas à pas

5. Strapping du genou et du poignet

6. Erreurs fréquentes et quand consulter un professionnel

1. Qu'est-ce que le strapping et à quoi sert-il ?

Le strapping — aussi appelé bandage adhésif fonctionnel — est une technique de contention articulaire qui consiste à appliquer des bandes adhésives sur une articulation pour la stabiliser sans l'immobiliser totalement. Contrairement au plâtre ou à l'attelle rigide, le strapping maintient l'articulation dans sa position fonctionnelle tout en autorisant une mobilité contrôlée.

On distingue deux grandes utilisations. En traitement post-traumatique, le strapping est posé après une entorse ou une élongation pour soutenir les ligaments fragilisés pendant la phase de cicatrisation. En prévention, il est appliqué avant une activité sportive pour protéger une articulation à risque ou déjà fragilisée.

Les articulations les plus fréquemment strappées

La cheville
L'articulation la plus touchée toutes disciplines confondues. L'entorse externe représente à elle seule 40 % des accidents sportifs. Le strapping y est le plus pratiqué.
Le genou
Sollicité dans les sports de pivot (football, basket, ski). Le strapping rotulien et ligamentaire est fréquent chez les sportifs de haut niveau comme chez les amateurs.
Le poignet
Particulièrement exposé lors des chutes (réflexe naturel d'amortissement). Courant en skateboard, hockey, volleyball et sports de raquette.
Le pouce et les doigts
Fréquemment touchés dans les sports de balle (handball, basketball). Le strapping digital est simple à réaliser et très efficace.

2. Le matériel indispensable pour un strapping réussi

Un strapping mal choisi ou mal appliqué peut être aussi néfaste qu'une absence de soin. La qualité du matériel conditionne directement l'efficacité du maintien et le confort du blessé.

Les bandes selon leur usage

Type de bande Caractéristiques Usage recommandé
Bande cohésive S'auto-adhère sans colle · Respirante · Extensible Strapping sportif · Maintien léger à moyen · Couche finale du strapping
Bande de contention Tissu non élastique · Rigide · Forte adhérence Strapping fonctionnel structuré · Entorses · Protection ligamentaire forte
Bande extensible Élastique · Bonne adaptation aux reliefs Sous-couche · Maintien post-traumatique · Compression légère
Sparadrap Adhérence forte · Ancrage sûr Bandes d'ancrage (début et fin du strapping) · Strapping digital

En complément des bandes, il est recommandé de disposer d'une mousse de sous-couche pour protéger les zones à risque (malléoles, tendons), d'une paire de ciseaux à bandage pour couper proprement les bandes, et d'un dégraissant cutané pour préparer la peau.

Bon à savoir

La largeur de bande s'adapte à l'articulation : 2,5 cm pour les doigts, 4 à 5 cm pour le poignet et le pouce, 6 à 8 cm pour la cheville, 10 à 12 cm pour le genou. Utiliser une bande trop large ou trop étroite compromet l'efficacité du strapping.

3. Les règles essentielles avant de commencer

Quelle que soit l'articulation concernée, plusieurs règles de base s'appliquent systématiquement. Les négliger compromet l'efficacité du strapping et peut provoquer des complications.

1

Nettoyer et sécher la peau

La peau doit être propre, sèche et dégraissée. Toute humidité ou résidu de crème empêchera l'adhérence correcte des bandes. Utilisez un dégraissant cutané ou de l'alcool isopropylique avant la pose.

2

Positionner l'articulation en position fonctionnelle

La cheville doit être à 90° (pied à plat), le genou légèrement fléchi (15 à 30°), le poignet en légère extension. Poser le strapping sur une articulation mal positionnée crée une contrainte permanente nuisible.

3

Protéger les zones sensibles

Les saillies osseuses (malléoles, tendons, bords des orteils) doivent être protégées par une mousse de sous-couche avant d'appliquer les bandes adhésives. Sans cette précaution, les frottements créent des ampoules et des irritations cutanées.

4

Ne jamais serrer excessivement

Un strapping trop serré comprime les vaisseaux et les nerfs. Le test simple : glisser un doigt sous la bande. Si c'est impossible, le strapping est trop serré. Les orteils (ou les doigts) doivent rester chauds et rouges après la pose.

4. Strapping de la cheville : technique pas à pas

L'entorse de cheville est l'accident sportif le plus courant en France, avec 6 000 cas par jour selon la Société Française de Médecine du Sport. Le strapping de la cheville est donc la technique la plus utile à maîtriser.

Matériel nécessaire

Bandes de contention 6 cm (non élastiques) · Bandes cohésives 6 cm · Mousse de sous-couche · Sparadrap pour les ancrages · Ciseaux à bandage

Les étapes de pose

Étape 1 — Ancrages
Posez deux tours de sparadrap autour du bas du mollet (environ 10 cm au-dessus de la malléole). Ce sont les bandes d'ancrage supérieures qui serviront de point de départ à toutes les bandes suivantes.

Étape 2 — Protection des malléoles
Découpez deux morceaux de mousse de sous-couche et placez-les de part et d'autre de l'articulation (malléole interne et externe). Maintenez-les avec un tour de bande cohésive légère.

Étape 3 — Étriers (bandes en U)
Appliquez 3 à 4 bandes verticales partant de l'ancrage supérieur, passant sous le talon et remontant de l'autre côté. Ces étriers constituent le cœur du strapping — ils empêchent l'inversion du pied. Chaque bande chevauche la précédente d'un tiers.

Étape 4 — Tours de renforcement
Posez 2 à 3 tours en spirale légèrement ascendants autour de la cheville pour renforcer l'ensemble. Ces tours partent de la base du pied et remontent vers l'ancrage supérieur.

Étape 5 — Finition cohésive
Recouvrez l'ensemble avec une bande cohésive appliquée en spirale pour solidariser toutes les couches et assurer le confort. Vérifiez immédiatement la mobilité et la chaleur des orteils.

Bon à savoir

Un strapping de cheville correctement posé doit permettre une dorsiflexion (pied qui remonte vers le tibia) mais bloquer l'inversion (mouvement vers l'intérieur). Testez systématiquement ces deux mouvements après la pose pour confirmer l'efficacité du maintien.

5. Strapping du genou et du poignet

Le strapping rotulien (genou)

Le strapping du genou vise le plus souvent à soulager la douleur rotulienne (syndrome fémoro-patellaire) ou à soutenir les ligaments latéraux après une entorse. Il est particulièrement utilisé dans les sports de pivot et de saut.

Positionnez le genou à 20–30° de flexion. Commencez par deux ancrages circulaires au-dessus et en dessous du genou. Appliquez ensuite des bandes en X de part et d'autre de la rotule pour la guider dans son axe. Terminez avec des bandes cohésives en spirale ascendante pour solidariser l'ensemble. La technique la plus simple — le taping McConnell — utilise uniquement du sparadrap rigide pour repositionner la rotule médialement, soulagent efficacement les douleurs antérieures du genou.

Le strapping du poignet

Le poignet se strapp en position neutre ou en légère extension dorsale (10 à 15°). Le principe repose sur des ancrages circulaires à la paume et à l'avant-bras, reliés par des bandes diagonales qui croisent l'articulation. Cette configuration limite les mouvements extrêmes (flexion forcée et extension forcée) tout en autorisant les mouvements de rotation et les gestes du quotidien.

Pour le strapping du pouce (entorse du ligament latéral interne, très fréquente au ski et au handball), la technique dite en "huit" consiste à enrouler la bande autour de la base du pouce en formant ce chiffre pour limiter l'abduction forcée sans bloquer l'opposition.

Durée de port recommandée

En traitement post-traumatique, un strapping se porte 48 à 72 heures maximum en continu avant d'être renouvelé. En usage préventif avant une activité sportive, il peut être posé le matin et retiré le soir. Au-delà de 72h sans retrait, les risques cutanés (macération, allergie) augmentent significativement.

6. Erreurs fréquentes et quand consulter un professionnel

Les 5 erreurs les plus courantes

✗ Serrer trop fort
Comprime les vaisseaux. Signes : orteils blancs ou bleutés, fourmillements, douleur qui augmente. Retirez immédiatement.
✗ Poser sur peau humide
L'adhérence est nulle. Le strapping glisse dès la première sollicitation et n'assure plus aucune protection.
✗ Omettre la sous-couche
Les saillies osseuses non protégées provoquent des ampoules douloureuses dès les premières heures de port.
✗ Mauvaise position articulaire
Strapper une cheville en équin (pointe en bas) crée une contrainte permanente sur le tendon d'Achille.
✗ Utiliser une bande inadaptée
Une bande trop élastique pour un strapping fonctionnel n'assure aucune protection réelle — elle compresse sans limiter le mouvement.

Quand le strapping ne suffit pas

Le strapping est un outil de premiers secours et de prévention — il ne se substitue pas à une consultation médicale. Certains signes doivent conduire à consulter sans délai :

Consultez un médecin ou un kinésithérapeute si :

• La douleur persiste ou s'intensifie malgré le strapping

• Un œdème important apparaît ou ne régresse pas après 48h

• L'appui est impossible (signe d'une fracture potentielle)

• Un craquement audible a été entendu au moment du traumatisme

• La peau présente une déformation ou une ecchymose étendue

Notre sélection

Le matériel de strapping disponible chez 123 Secours

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Bandes cohésives

Finition strapping · Maintien léger · S'auto-adhèrent

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Recommandé strapping

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Bandes de contention

Strapping fonctionnel · Non élastiques · Forte rigidité

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Sparadraps & ancrages

Bandes d'ancrage · Forte adhérence · Strapping digital

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✅ Ce qu'il faut retenir

Le strapping maintient l'articulation en position fonctionnelle sans l'immobiliser totalement — il autorise le mouvement contrôlé tout en limitant les excès traumatisants.
La bande de contention (non élastique) est le matériau de référence pour le strapping fonctionnel ; la bande cohésive sert à la finition et au confort.
Quatre règles impératives avant la pose : peau propre et sèche, articulation en position fonctionnelle, sous-couche sur les saillies osseuses, tension suffisante mais non compressive.
La cheville est l'articulation la plus fréquemment strappée — les étriers en U sous le talon constituent le cœur de la technique et bloquent l'inversion.
Un strapping se porte 48 à 72 heures maximum avant renouvellement. Au-delà, les risques de macération et d'allergie cutanée augmentent.
Consultez un médecin si la douleur persiste, si l'appui est impossible ou si un craquement a été entendu — le strapping ne remplace pas le diagnostic médical.

Article rédigé par l'équipe 123 Secours — Expert en matériel de premiers secours depuis 1978

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